« Une seule santé » : ensemble pour la santé – soutenons la science
1 avril 2026
Partout dans le monde, la santé dépend des liens qui unissent les êtres humains, les animaux, la végétation et l’environnement. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, nous mettons en avant la manière dont l’approche « Une seule santé » se traduit en actions concrètes : prévenir les maladies, protéger les moyens de subsistance, préserver les écosystèmes et renforcer la résilience face aux changements climatiques et environnementaux.
La protection de la santé et l’amélioration de la sécurité sanitaire passent par une collaboration entre les disciplines, au-delà des frontières et entre les générations. Dans le cadre de la Quadripartite, une collaboration entre l’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’OMS promeut un cadre commun pour l’action fondée sur le principe « Une seule santé », allant des politiques et de la gouvernance au développement des ressources humaines et à la mobilisation des communautés.
Ces efforts conjoints aident les pays à détecter plus tôt les dangers, à réduire les risques, à intervenir plus rapidement et à investir dans la prévention, au bénéfice tant des populations que de la planète.
OMS/Mukhsin Abidjanov
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Une famille travaille ensemble dans son potager au Tadjikistan.
« Une seule santé » – des systèmes interconnectés
L’approche « Une seule santé » reconnaît l’interdépendance entre la santé des personnes, des animaux et de l’environnement. Dans la Région européenne de l’OMS, cette approche aide les pays à relever simultanément plusieurs défis : les maladies zoonotiques, les risques liés à la sécurité sanitaire des aliments, la résistance aux antimicrobiens et les menaces sanitaires liées au climat et à la pollution. Elle permet de rassembler les secteurs de la santé publique, de la médecine vétérinaire, de la sécurité sanitaire des aliments et de l’environnement afin de prévenir les menaces sanitaires plutôt que de se contenter de réagir aux crises. Elle favorise la définition de priorités communes, la réalisation d’évaluations conjointes des risques et la mise en œuvre d’actions coordonnées au-delà des frontières. Lorsque les systèmes sont interconnectés, chacun bénéficie de communautés en meilleure santé, d’une alimentation plus sûre, d’écosystèmes plus résilients et d’une meilleure préparation aux situations d’urgence.
OMS/Uka Borregaard
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Une technicienne détecte des variants de virus aux Pays-Bas.
La sécurité sanitaire grâce à la surveillance conjointe
L’approche « Une seule santé » renforce la sécurité sanitaire en améliorant la manière dont les pays détectent et interprètent les signaux provenant des êtres humains, des animaux et de l’environnement.
L’OMS/Europe encourage la surveillance intégrée, les évaluations conjointes des risques, l’interopérabilité des laboratoires et la coordination des enquêtes sur les flambées épidémiques. Cela permet de lutter contre les zoonoses telles que la grippe aviaire ou le virus du Nil occidental, mais aussi contre les risques d’origine alimentaire, les nouvelles tendances en matière de résistance aux antimicrobiens et les événements environnementaux ayant une incidence sur la santé. Le partage coordonné des données permet de donner l’alerte plus tôt et de mieux cibler les interventions. Cette approche contribue également au renforcement des capacités liées au Règlement sanitaire international dans la Région européenne, permettant une détection plus rapide, des interventions plus proportionnées et une communication plus cohérente à destination du public.
OMS
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Une femme vend des produits laitiers au Tadjikistan.
Des systèmes alimentaires et une nutrition plus sûrs
Des systèmes alimentaires sûrs et durables sont au cœur de l’approche « Une seule santé ». L’OMS recommande l’adoption d’une approche préventive tout au long de la chaîne alimentaire, de la ferme à l’assiette, à savoir une production primaire plus sûre, une transformation respectueuse des règles d’hygiène, une réglementation efficace et des pratiques de consommation éclairées.
Dans la Région européenne, cela permet de réduire les infections d’origine alimentaire telles que la salmonellose et la campylobactériose, tout en favorisant une alimentation plus saine et des chaînes d’approvisionnement plus résilientes. La collaboration fondée sur le principe « Une seule santé » permet de mettre en relation des vétérinaires, des autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, des laboratoires de santé publique et des services environnementaux afin de surveiller les risques, d’enquêter sur les flambées épidémiques et de réduire la contamination. Elle permet également d’encourager l’utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux destinés à la production alimentaire, ce qui contribue à la réalisation des objectifs plus larges de prévention de la résistance aux antimicrobiens.
OMS
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Une ouvrière agricole en Suède administre des médicaments à une vache malade.
Lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans tous les secteurs
L’OMS considère la résistance aux antimicrobiens comme une problématique relevant de l’approche « Une seule santé » car la résistance peut se propager entre les personnes, les animaux, les aliments et l’environnement.
Dans la Région européenne, l’action coordonnée porte sur la médecine humaine et vétérinaire, la lutte anti-infectieuse, la vaccination, ainsi que les systèmes d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène. La surveillance de l’usage des antimicrobiens et de la résistance à ces derniers dans tous les secteurs permet de déceler les tendances et d’orienter les politiques. La réduction de la pollution environnementale causée par les déchets et les eaux usées peut également limiter la propagation des bactéries et des gènes résistants. Les mesures prises selon le principe « Une seule santé » permettent de préserver l’efficacité des médicaments, d’améliorer les résultats pour les patients et de réduire la charge des infections difficiles à soigner, notamment celles causées par des agents pathogènes zoonotiques et d’origine alimentaire résistants.
OMS/Hedinn Halldorsson
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En Italie, une scientifique examine un moustique Aedes dans le cadre de la surveillance de la dengue.
Changement climatique, perte de la nature et de la biodiversité et déterminants environnementaux
L’approche « Une seule santé » établit un lien entre les changements environnementaux et les résultats sanitaires. La Région européenne est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement, ce qui a des répercussions sur les risques liés à la chaleur, la qualité de l’air, la salubrité de l’eau et la répartition des vecteurs tels que les moustiques et les tiques.
L’OMS/Europe encourage la collaboration entre les secteurs de la santé, de la météorologie, de l’environnement et de la médecine vétérinaire afin d’anticiper les risques et de protéger les populations. Par exemple, une surveillance intégrée peut contribuer à la préparation face à la propagation d’arbovirus tels que la dengue et le virus du Nil occidental, tout en orientant des actions plus larges d’adaptation au changement climatique. La protection de la biodiversité et des écosystèmes peut contribuer à stabiliser les services essentiels à la santé (accès à l’eau potable, salubrité des sols ou environnements de vie plus sûrs).
OMS
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Un employé d’un élevage avicole au Kazakhstan.
Des animaux en bonne santé, des moyens de subsistance sains
La santé et le bien-être des animaux font partie intégrante de l’approche « Une seule santé » et contribuent aux moyens de subsistance, à la sécurité alimentaire et au bien-être des communautés.
Dans la Région européenne, les mesures préventives en matière de santé animale (biosécurité, vaccination le cas échéant et bonnes pratiques d’élevage) peuvent réduire les pertes de production et améliorer la sécurité sanitaire des aliments. Ces mesures permettent non seulement de diminuer le risque de zoonoses telles que la grippe aviaire, mais elles peuvent également contribuer à stabiliser les économies rurales, à réduire le recours aux antimicrobiens et à renforcer la résilience face aux chocs. Une coordination étroite entre les autorités vétérinaires et de santé publique aide à renforcer la sécurité des chaînes de valeur, à améliorer la communication sur les risques auprès des agriculteurs et des travailleurs, et à favoriser l’adoption de pratiques agricoles plus durables.
OMS/Mukhsin Abidjanov
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Une famille se réunit autour d’un repas au Tadjikistan.
Renforcer la sensibilisation à l’approche « Une seule santé »
L’approche « Une seule santé » s’avère plus efficace lorsque les autorités la comprennent et la soutiennent activement, et lorsque les communautés participent à sa mise en œuvre. L’OMS souligne l’importance de favoriser cette prise de conscience chez les acteurs chargés de mettre en œuvre l’approche « Une seule santé » grâce à une communication efficace sur les risques et les actions recommandées. Cela permet de traduire ces connaissances en gestes simples et concrets au niveau local, tels que se laver les mains après avoir été en contact avec des animaux, manipuler les aliments en toute sécurité, utiliser les antibiotiques de manière responsable et réduire l’exposition aux risques liés à l’environnement et aux vecteurs.
Dans la Région européenne, la sensibilisation à l’approche « Une seule santé » aide les populations à prévenir les maladies courantes transmises des animaux à l’homme en adoptant des comportements simples, comme éviter tout contact avec des oiseaux sauvages malades ou morts, prévenir les morsures de chien et réduire les lieux de reproduction des moustiques à proximité des habitations. Une communication fiable et coordonnée entre les différents secteurs contribue également à lutter contre la désinformation, incite la population à suivre les consignes en cas d’urgence et renforce la prévention au quotidien.
OMS
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Experts techniques lors de la deuxième évaluation externe conjointe au Tadjikistan, juillet 2025.
Préparation et intervention coordonnée
L’approche « Une seule santé » renforce la préparation en harmonisant les plans, les rôles et les ressources entre les différents secteurs avant que les situations d’urgence ne surviennent. L’OMS/Europe encourage la mise en place d’évaluations conjointes des risques, d’exercices de simulation et de protocoles d’intervention interopérables qui s’inscrivent dans le cadre du Règlement sanitaire international. Cela permet une action cohérente lors d’événements allant des flambées épidémiques d’origine zoonotique (par exemple, la grippe aviaire) aux incidents liés à la sécurité sanitaire des aliments, en passant par les menaces liées à la résistance aux antimicrobiens et les risques liés au climat. Les enquêtes conjointes permettent de déterminer les sources, les voies de transmission et les mesures de contrôle efficaces. Une communication coordonnée renforce la compréhension et la confiance du public. La collaboration transfrontalière aide les pays à agir de manière cohérente en matière de surveillance, de diagnostics de laboratoire et de mesures de protection, contribuant ainsi à la résilience des systèmes de santé et à la sécurité des sociétés dans la Région européenne.
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